Revue de presse - Dernières Nouvelles d'Alsace

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2005

Dimanche, 17 Avril 2005

Express

Théâtre scolaire à Bischheim

 L'association AMIFRAN d'Arad (Roumanie) et l'atelier théâtral du lycée Marc-Bloch de Bischheim invitent à la représentation du mardi 26 avril : « Panique à la cour du Roi Soleil », sous la direction de Florin Didilescu. Relecture de « Don Juan » d'après « La nuit de Valognes » d'Eric-Emmanuel Schmitt. De 18 h à 20 h 30 à la salle Saint-Laurent, 2a rue Saint-Laurent à Bischheim, avec la participation de la commune de Bischheim.


Mercredi , 04 Mai 2005

Lycée Marc-Bloch

La francophonie sur les planches

Les acteurs roumains de l'Amifran n'ont pas peur des sujets qui fâchent.(Doc. remis)

Une étonnante expérience d'échange théâtral entre de jeunes acteurs en herbe, français et roumains, vient d'avoir lieu au lycée Marc-Bloch de Bischheim.

Pour cette deuxième rencontre entre les élèves du lycée Bloch participant à l'atelier théâtre de Martine Bounaix et ceux du Roumain Florin Didilescu, le recteur de l'académie de Strasbourg Gérald Chaix avait fait le déplacement. Il ne l'a pas regretté, pas plus que les élus locaux ou les parents nombreux dans l'assistance.
 La troupe de Florin Didilescu a fait des étincelles, prouvant que le théâtre, comme l'a souligné le proviseur Jean-Claude André, est un formidable vecteur de la langue française. Les spectateurs, qui ont applaudi à tout rompre la performance, ne s'y sont pas trompés. Pour Florin Didilescu, président de l'Association roumaine pour la défense et l'illustration de la langue française (Amifran), cette représentation avait deux buts. Tout d'abord offrir à ses acteurs un tour de chauffe, l'occasion de présenter pour la première fois en public, avant de se rendre à un festival un texte corrosif brocardant le monde politique et intitulé "Psychose à la cour du Roi Soleil", écrit par "The Bouffon", un auteur mystérieux qui diffuse ses pamphlets via internet. Second objectif, mettre sur pied un jumelage avec le lycée Bloch qui devrait être officialisé à la rentrée.
 Une perspective qui enchante Adriana Filip, professeur de français depuis 15 ans à Arad, en Roumanie, et membre de l'Amifran. L'accueil réservé par l'établissement bischheimois, la troupe dormant à l'internat, et le programme de visites destiné à faire découvrir aux douze jeunes roumains et à leurs accompagnateurs les beautés de Strasbourg, l'ont enchantée.

Avec fougue

 Elle a également apprécié la prestation donnée par l'un des ateliers théâtre du lycée Bloch, composé d'actuels et d'anciens lycéens, encadré par la professeur de français Martine Bounaix et sa collègue Cécile Clauss, professeur d'anglais.
 Tout comme leurs camarades roumains, les acteurs en herbe du lycée Bloch ont interprété avec l'insolence et la fougue de la jeunesse un texte décapant, un extrait de la pièce La nuit de Valognes d'Eric Emmanuel Schmitt, qui raconte le procès imaginaire de Don Juan, par ses victimes. Les jeunes Roumains ont apprécié, en connaisseurs, la qualité de la prestation. Silviu, 17 ans, qui songe à devenir acteur professionnel, a adoré les clowneries d'une improbable bonne soeur portant un fort seyant collier de barbe. Si Silviu, élève d'une classe bilingue franco-roumaine, parle aussi bien le français, c'est parce qu'il a choisi de faire partie d'une minorité, la majorité des jeunes de son pays trouvant la langue de Shakespeare bien plus pratique que celle de Molière. Bref, il va falloir encore bien des expériences de ce type pour que la francophonie reste sur le devant la scène internationale.

Sophie Weber


Vendredi 21 Octobre 2005

Bischheim : un voyage en sursi

La crainte de la grippe aviaire a eu une première conséquence en Alsace. Un lycée de Bischheim qui doit se jumeler la semaine prochaine avec un lycée d'Arad en Roumanie est sommé par le Rectorat de Strasbourg de renoncer à son voyage en vertu du « principe de précaution ».
 Le lycée Marc Bloch de Bischheim se réjouissait de formaliser un partenariat engagé depuis plus d'un an avec le lycée Moïse Nicaora d'Arad, à l'ouest de la Roumanie. Le proviseur, deux professeurs et dix élèves de terminale pensaient partir par train demain matin vers la Roumanie quand, hier, une note écrite émanant de l'académie de Strasbourg leur a commandé d'annuler ce voyage au nom de la grippe aviaire et du « principe de précaution ».
 Les lycéens sont catastrophés. Outre le jumelage, ils devaient participer, toujours à Arad, à un festival de théâtre francophone. « Des mois de répétition sont menacés d'annulation. C'est trop nul », a dit un élève aux DNA en apprenant la remise en question de ce déplacement.
 L'injonction émanant de l'académie de Strasbourg est d'autant plus singulière que le festival d'Arad est international. Une quinzaine de troupes venant de plusieurs pays d'Europe confirment aux organisateurs roumains leur venue à Arad et ne croient pas qu'il y ait quelque danger que ce soit en ce moment en Roumanie.
 L'affaire aura donc forcément des suites aujourd'hui.

D.J.


Samedi 22 Octobre 2005

Bischheim

Lycée Marc-Bloch : voyage autorisé

Par crainte de la grippe aviaire en Roumanie, l'Académie de Strasbourg avait annulé, jeudi, le voyage scolaire d'élèves du lycée Marc-Bloch (Bischheim), invités à se rendre à Arad, dans l'ouest du pays. Finalement jugé sans risques, le déplacement aura bien lieu.

 Un sourire serein aux lèvres, le proviseur du lycée Marc-Bloch, Jean-Claude André, lance avec soulagement : « En théorie, nous partons demain. » Il est 12 h 30, ce vendredi, le rectorat vient de revenir sur sa décision de jeudi et fait savoir « qu'il n'y a pas lieu d'annuler le déplacement » en Roumanie prévu par les 10 élèves de terminale L - section théâtre, le proviseur et deux enseignants.

Volte-face de l'Académie

 « Les élèves participent au Festival annuel de théâtre francophone d'Arad [non loin de la frontière hongroise, ndlr]. Ils travaillent leur texte depuis de longues semaines. Tout est bien qui finit bien ! », conclut M. André, qui accompagnera ses élèves pour finaliser un jumelage avec le lycée Moïse-Nicoara.
 Jeudi, l'Académie de Strasbourg n'était pas sur la même ligne (voir nos éditions d'hier). Elle avait demandé l'annulation du déplacement au nom du principe de précaution, la présence du virus de la grippe aviaire en Roumanie venant d'être confirmée.
 Le rectorat est revenu sur sa décision hier en fin de matinée. Plusieurs éléments militaient en ce sens. Une quinzaine de lycées de plusieurs pays d'Europe vont participer au festival d'Arad, et Strasbourg était la seule académie à avoir demandé l'annulation du voyage. Par ailleurs, l'ambassade de France à Bucarest sera présente à l'inauguration de ce festival francophone et il aurait été singulier que la troupe de Bischheim soit absente.
 Le communiqué du rectorat de Strasbourg précise : « La zone touchée par la grippe aviaire est circonscrite et, après vérification, les élèves ne vont pas dans cette zone. De plus, ils sont logés à l'hôtel, ne vont pas au marché et ne sont donc pas en contact avec un milieu à risque. »
 De fait, Arad se trouve à 700 km des fermes avicoles du delta du Danube où le virus de la grippe aviaire, le H5N1, est apparu.
 « A la télé, on a vu trois poulets et deux canards, on ne risquait pas grand-chose », a hier plaisanté Fanny Colin, une des 10 élèves de terminale sur le départ. Et l'élève, qui aura 16 ans demain, de conclure : « Je suis hyper-contente qu'on parte. J'étais sous le choc quand on nous a dit, jeudi, qu'on ne partait plus. Certains ont pleuré de déception. Ça faisait deux mois qu'on travaillait nos textes et tout était annulé à deux jours du départ. C'était dur ! »
 Partis au plus tard demain, en principe par le train, les élèves devraient rentrer le 29 octobre.

Manuel Plantin


Jeudi 27 Octobre 2005

Bischheim 

Début d'un jumelage avec un lycée roumain


Les lycéens de Bischheim, hier à Arad (Roumanie) : ils posent avec un poulet en peluche mais jurent qu'ils ne sont absolument pas contaminés par la grippe aviaire.(Photo Amifran)

Le lycée Marc-Bloch de Bischheim s'est officiellement jumelé avec le lycée Moïse-Nicoara d'Arad (Roumanie). Au printemps 2006, une classe de terminale roumaine est attendue à Bischheim pour un séjour d'une huitaine.

« Cela fait quinze ans que nous attendions un tel jour. Depuis 1990, nous avons vu passer beaucoup de Français, toujours très sympathiques, mais souvent pour des relations sans lendemain. Avec vous, nous pouvons maintenant bâtir des projets à long terme », a dit hier Lucia Ungur, professeur de français à Arad, à Jean-Claude André, proviseur du lycée Marc-Bloch.
 Ce dernier est jusqu'à samedi dans l'ouest de la Roumanie afin de formaliser ce partenariat qui élargit à tout l'établissement les échanges franco-roumains jusqu'à présent limités à la section théâtrale du lycée Marc-Bloch.

Correspondance et échanges d'enseignants

 Au cours des années à venir, des lycéens roumains viendront dans nos classes et des lycées de Bischheim iront à Arad pour des séjours pédagogiques. « C'est notre façon d'anticiper l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne », explique Jean-Claude André. La Roumanie et la Bulgarie doivent rejoindre l'Union européenne en 2007.
 Des correspondances entre élèves et des échanges d'enseignants francophones vont faire vivre ce jumelage. Des aides pédagogiques à l'enseignement du français à Arad sont également prévues, notamment pour élargir la bibliothèque de français. « Grâce à ce jumelage, nos élèves vont trouver une application immédiate à l'enseignement intensif du français qu'ils reçoivent », dit Diana Gonczi, professeur au lycée Moïse-Nicoara, un établissement de belles proportions construit en 1873.
 Ce partenariat francophone a pu naître grâce à l'association Amifran d'Arad qui accueille depuis 1993 un festival de théâtre scolaire francophone de renom européen. Chaque année en octobre, une vingtaine de troupes scolaires venues de toute l'Europe donnent un spectacle en français dans la grande salle du théâtre d'Arad.
 Dix élèves de Bischheim et leur professeur Martine Bounaix participent cette semaine à la 13e édition de ce festival. Mardi soir, ils ont ainsi présenté une pièce intitulée « Déshérence linguistique », qui a été très applaudie.
 Ce séjour en Roumanie est l'heureux dénouement d'un imbroglio administratif qui a donné des palpitations aux lycéens de Marc- Bloch. Jeudi dernier, le rectorat de Strasbourg leur ordonnait d'annuler ce voyage en Roumanie au nom de l'épizootie de grippe aviaire.
 Devant l'émoi suscité par cette décision peu fondée scientifiquement, le rectorat revenait 24 heures plus tard sur cet ordre et autorisait le déplacement à Arad. C'était d'ailleurs la meilleure solution. L'absence des Bischheimois aurait été fort remarquée.
 Il faut savoir que ce 13e festival d'Arad a été inauguré en personne par l'ambassadeur de France à Bucarest, Hervé Bolot, qui a dit tout le bien qu'il pensait de cette belle manifestation francophone. Dans ces conditions, il aurait été malvenu que l'ambassadeur s'adresse aux professeurs et lycéens venus de Sicile, du Québec, d'Espagne, de Belgique, d'Autriche et de République Tchèque, et soit obligé de déplorer l'absence d'une troupe française.

 

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