| Revue
de presse - Dernières
Nouvelles d'Alsace

[
2007
] [ 2006
] [ 2005
] [ 2004
] [ 2003
] [ 2001
] [ 2000
]
2006

Les lycéens roumains en visite au Parlement européen. (Photo
DNA - Laurent Réa)
A leur arrivée en Alsace, les lycéens
roumains, accompagnés par deux de leurs enseignants et par
leur proviseur adjoint, ont été répartis dans des familles
françaises qui les hébergent jusqu'à leur retour en Roumanie,
le week-end prochain.
Outre la participation aux activités scolaires du
lycée Marc-Bloch, les jeunes Roumains ont visité Strasbourg,
Bischheim et Colmar. Ils ont aussi été reçus à la municipalité
de Bischheim et à la Cour européenne des droits de l'homme.
« Ce séjour des Roumains chez nous installe une
réciprocité. Fin octobre 2006, une classe de Marc-Bloch
(qui sera alors en terminale) ira à Arad, où elle rencontrera
dans des conditions semblables des élèves roumains »,
indique Jean-Claude André, proviseur à Bischheim. Ce sera
l'occasion de participer au festival de théâtre scolaire
organisé depuis 14 ans en Roumanie par l'association francophone
Amifran d'Arad. Des lycéens d'une dizaine de pays d'Europe
y présenteront, au théâtre municipal d'Arad, un spectacle
en langue française. L'atelier théâtre du lycée Marc-Bloch
de Bischheim, animé par une professeur de lettres, Martine
Bounaix, fera lui aussi le déplacement.
Le français, langue favorite
des vieux Roumains cultivés ? Le trait est excessif,
mais la tendance est là : un Roumain de moins de
trente ans vous comprend mieux si vous lui parlez anglais
plutôt que français.
Le français arrive derrière l'anglais dans l'enseignement
roumain. Pour masquer cette perte d'influence, les statistiques
scolaires officielles regroupent les choix de première
et de deuxième langue étrangère, ce qui permet de se rassurer
en disant que le français « est encore étudié par
88 % des élèves roumains ».
Un jumelage avec Bischheim
Les initiatives locales
en faveur du français ne manquent pas. Un ancien professeur
de français, Florin Didilescu, anime dans la ville d'Arad
(ouest de la Roumanie) une solide association au nom explicite,
AMIFRAN. Chaque année depuis quinze ans, malgré un budget
serré, elle organise un festival international de théâtre
scolaire : tous les spectacles y sont joués en français
par des lycéens venus de Russie, d'Autriche, d'Italie,
de Tchéquie, etc. Quelques lycées français y sont invités :
à la fin octobre, les élèves de l'atelier théâtral du
lycée Marc-Bloch de Bischheim participeront à l'édition
2006.
Examinée au quotidien, hors des congratulations
officielles, la francophonie roumaine n'a ni le lustre
ni l'ampleur qu'on aimerait lui voir. De vieux Roumains
francophiles laissent gentiment entendre qu'ils ont parfois
essuyé de l'indifférence quand ils ont fait appel à des
autorités françaises. En octobre 2005, le lycée Moïse-Nicoara
d'Arad a été ravi de signer le tout premier jumelage avec
un établissement français, en l'occurrence le lycée Marc-Bloch
de Bischheim. Mais dans ce même lycée Moïse-Nicoara, un
jumelage actif avec un lycée d'Angleterre existait déjà
depuis plusieurs années. « Avant de connaître le
lycée de Bischheim, nous avions reçu de nombreux visiteurs
français. Tous avaient eu des mots aimables pour nos leçons
de français, mais c'étaient hélas des contacts sans lendemain »,
relève Lucia Ungur, professeur de français à Arad.
Des dictionnaires vieillots
Il y a plusieurs façons de
considérer la francophonie en Roumanie. Quand on voit
la maigreur des ouvrages en français dans beaucoup de
bibliothèques scolaires et les reliures usées jusqu'à
la corde de dictionnaires vieillots, on est d'autant plus
admiratif de voir comment les enseignants de français
continuent leur travail. Le pays compte 70 lycées bilingues
(roumano-français) et 27 filières francophones universitaires.
Hier, le Premier ministre Calin Tariceanu a annoncé son
projet de créer à Bucarest une « université francophone
qui soit un centre d'excellence pour la préparation des
formateurs ».
Depuis cinq ans, un programme franco-roumain a aussi
permis de créer des centres de documentation et d'information
(CDI) dans des écoles et collèges de Roumanie, souvent
à la campagne, avec des connections internet. Une façon
de rappeler que la Roumanie est un îlot de latinité dans
la vaste aire slave. Bucarest aimerait que Paris s'en
souvienne plus souvent.
Le premier forum européen
des jeunes a lieu à Strasbourg du 6 au 12 novembre
dans le cadre du Club de Strasbourg. C'est Frédérique
Loutrel, vice-présidente de la communauté urbaine
de Strasbourg, déléguée à la petite enfance et à la
jeunesse, qui ouvrira ce forum lundi à 9 h, au
centre culturel Saint-Thomas.
Strasbourg a pris l'initiative d'accueillir
56 jeunes Européens âgés de 18 à 25 ans, venant de
Plovdiv, Stara Zagora, Olomouc, Tallinn, Strasbourg,
Varsovie, Poznan, Lodz, Bucarest, Ploiesti, Arad,
Timisoara, Kosice, Bratislava, Maribor, Ljubljana,
(villes membres du Club de Strasbourg), et de leur
donner l'opportunité de vivre une expérience interculturelle
unique qui sera l'occasion de discussions et d'échanges.
En s'inspirant de la Charte européenne de la
participation des jeunes à la vie locale et régionale,
Strasbourg valorise la dynamique urbaine en tant qu'espace
de parole et de décision de la jeunesse ; en
effet, les 56 jeunes choisis ont déjà connu une forte
implication citoyenne dans leur pays d'origine puisqu'ils
ont tous fait partie de conseils de jeunes ou de structures
similaires.
La rencontre sera placée sous la thématique
de la participation des jeunes dans la vie publique
où les questions de droits de l'homme, de la discrimination
et de la diversité culturelle dans les initiatives
de participation au niveau local seront abordées.
Un blog, un DVD
Au programme : séances
plénières, jeux de simulation, visite des institutions,
rallye européen, échanges avec des députés européens,
ateliers, soirées interculturelles, autoévaluations.
Afin de tenir compte des diversités linguistiques,
les travaux se dérouleront dans deux langues :
français et anglais.
Pendant la rencontre, un blog sera constitué
et il sera alimenté chaque jour par des contributions
des jeunes participants. Cela permettra aux jeunes,
de retour dans leurs pays, de continuer les échanges
après la rencontre proprement dite.
Par ailleurs, les jeunes réunis à Strasbourg
produiront un DVD sur les différents aspects abordés
lors de la rencontre (prises de vue, prises de son,
scénarios). Ces supports seront distribués dans les
différentes communautés locales dès retour dans leur
pays, ainsi qu'à Strasbourg.
A l'heure où le concept de l'Europe devient
de plus en plus significatif pour les citoyens, il
est impératif d'engager les jeunes dans le débat,
afin de s'assurer qu'ils sont bien informés sur l'importance
de l'Union européenne dans leurs vies et d'écouter
leurs visions sur l'avenir de l'Europe.
En effet, cette rencontre se veut un moment
d'expérimentation en grandeur nature de la citoyenneté
européenne.
A ce titre, Fabienne Keller, sénatrice-maire
de Strasbourg, présidera la séance plénière du vendredi
10 novembre, de 14 h à 15 h, sur le thème
de l'Europe et des jeunes.
|